Sur l’échelle du temps de l’humanité, le « numérique » s’est imposé dans nos vies plus rapidement que la fourchette ou la démocratie ! Rappelons-nous qu’il y a moins de 40 ans, les téléphones étaient encore à cadran, et qu’ils sont aujourd’hui tactiles et “intelligents”.

Si l’électronique et l’informatique paraissent, au premier abord, éloignés du champ artistique, ces disciplines ont pourtant suinté dans tous les domaines artistiques : arts plastiques, spectacle vivant, création musicale… Pour exemple les nombreux spectacles et installations qui ont usé et abusé de la vidéoprojection !


Si les « machines » aujourd’hui disponibles pour le grand public sont de plus en plus puissantes, avec des interfaces de plus en plus intuitives et à des coûts de plus en plus abordables, leurs utilisations ne sont souvent pas adaptées aux besoins des créateurs. En effet, ces machines grand public répondent pour la plupart d’entre elle à un mot d’ordre : une machine + une interface = un usage.

A cette philosophie de développement de masse, mercantile et sans philanthropie, s’oppose une communauté mondiale de programmateurs, développeurs et makers qui partagent sur le web leurs créations et leurs savoirs, mettant au service de tous une intelligence collective. C’est la communauté du “libre”, de l’open source.

Les “outils numériques”, et notamment ceux de l’univers open-source, qu’ils soient logiciels ou physiques, proposent un potentiel immense.

La performance technique n’ayant plus rien à prouver aujourd’hui il paraît intéressant de réfléchir à l’usage de ces possibilités, non en tant que sujet mais en les remettant à leur place d’outils au service du propos et de la création artistique, en continuant à placer l’humain au centre des enjeux technologiques.